25 juin : deuxième rencontre des familles de victimes du tsunami

Samedi 25 juin, l’ensemble des familles de victimes françaises ont été reçues par M. DOUSTE-BLAZY, ministre des affaires étrangères, pour la deuxième réunion d’information.

Cette réunion, comme celle du 19 mars, notre association a insisté pour qu’elle se tienne et surtout qu’elle puisse être une véritable réunion d’information et de dialogue. Il nous paraissait important que cette réunion puisse permettre d’expliciter en transparence toutes les étapes et les actions des différents acteurs impliqués afin qu’une réponse puisse être apportée à chaque question, à chaque doute. Nous avons pu en amont être associé à sa préparation et à la mise en place d’un ordre du jour répondant aux attentes des familles.

Cette rencontre a au final été particulièrement riche et instructive du fait notamment des exposés exhaustifs fait par le Colonel Hébrard et le comissaire le Magnen(processus d’identification), le Commandant André (fonctionnement du TTVI notamment du Property Committee) et le lieutenant Barranco (recherches au SOFITEL).

Nous tenons également à saluer comme positif la présence de son excellence l’ambassadeur de Thaïlande en France, Virasakdi Futrakul, et le Colonel Khemmarin Hassirit, colonel de la police Thailandaise qui a beaucoup fait dans la région de Khao-lak pour aider aux identifications et aux recherches.

Conférence de presse de M. Douste-Blazy, en présence des associations et des intervenants.
Conférence de presse de M. Douste-Blazy, en présence des associations et des intervenants.
(De gauche à droite, MM. Barry Martin-Delongchamps, Virasakdi Futrakul, Mme Galbert, MM. Douste-Blazy, Hartwig, Le Magnen, le Colonel Hébrard et le Colonel Khemmarin)

1- Message de M. DOUSTE-BLAZY aux familles

"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Chers Amis,

Les circonstances qui nous réunissent aujourd’hui sont graves - graves et douloureuses. Les mots sont, vous le savez, de peu de poids face à la tragédie. Permettez-moi toutefois de vous dire qu’à la place qui est la mienne aujourd’hui, je prends toute la mesure de votre détresse et de vos attentes. Michel Barnier et Nicole Guedj avaient la volonté d’initier un point d’étape, six mois après la catastrophe. Je veux aujourd’hui m’engager personnellement, auprès de chacune et de chacun d’entre vous, à développer de nouveaux liens de dialogue, de confiance, et de partage de l’information.

Parmi toutes les questions que vous vous posez, et auxquelles nous voulons répondre, vous me permettrez de commencer par celle qui est sans doute l’une des plus douloureuses et des plus sensibles : je veux parler de la recherche et de l’identification des corps de vos proches.

Vous le savez, d’importants moyens civils et militaires de l’Etat ont été mobilisés face à cette tragédie sans précédent, tant pour accélérer le processus de recherche et d’identification des victimes que pour organiser le suivi des cas individuels, en France, en Thaïlande et au Sri Lanka.

Depuis votre dernière réunion, de nouveaux pas ont été faits, de nouveaux résultats ont été obtenus, en particulier en Thaïlande, où nous avons pu identifier 30 de nos compatriotes. Mais tout cela demeure encore insuffisant et vous êtes encore trop nombreux à être dans le doute et l’attente. Je veux vous le dire aujourd’hui : la mission de recherche et d’identification que nous avons engagée sera menée aussi loin que possible. Nous maintiendrons sur place, aussi longtemps que nécessaire, les hommes et les femmes qui sont affectés à ce travail particulièrement sensible et difficile.

Face à ces défis, nous devons avant tout agir de manière concrète et pragmatique, en coordination avec les équipes internationales sur place et les autorités thaïlandaises.

C’est vrai en matière de recherche : au début du mois de juin, nous avons, en particulier, envoyé deux équipes très spécialisées, une de la Sécurité civile accompagnée d’architectes des catastrophes, et l’autre de la Gendarmerie nationale dotée de chiens spécifiquement dressés, pour effectuer des fouilles complémentaires sur le site de l’Hôtel Sofitel de Khao Lak.

C’est vrai aussi en matière d’identification : plus d’une vingtaine de personnes, médecins légistes et dentistes, policiers et gendarmes spécialistes de l’identification ont été intégrés dans une équipe internationale. Leurs travaux ont permis les 54 identifications qui sont intervenues depuis le 8 février dernier.

Nous avons bon espoir d’obtenir tout prochainement de nouvelles avancées, grâce au processus de réconciliation par ADN qui commence, enfin, à donner des résultats. Plus de 3 000 prélèvements ont été envoyé à 7 laboratoires étrangers, dont le plus grand nombre à l’ICMP de Sarajevo, l’un des meilleurs du monde dans ce domaine. Ces laboratoires travaillent à l’établissement des profils génétiques et à la confrontation des données biologiques ante et post-mortem. Ils ont pu compter, pour ce faire, sur notre contribution de 200 000 euros au processus d’identification, conformément à ce qui avait été annoncé le 19 mars dernier.

Autre engagement tenu, la France est aujourd’hui pleinement associée aux décisions du "Thai Tsunami Victime Identification (TTVI)". Un officier de gendarmerie français fait aujourd’hui partie du Comité exécutif de cette instance, la seule autorisée à prendre les décisions concernant le processus international d’identification.

S’agissant des effets personnels, en particulier ceux qui ont été prélevés par les autorités thaïlandaises sur les victimes, le processus de recherche a été confié depuis le 20 avril à une structure spécifique au sein du TTVI. La procédure de rapatriement des effets personnels identifiés vient également d’être définie ; elle vous sera détaillée dans les exposés qui vont suivre. J’ai personnellement tenu à ce que vous disposiez, au sein de mon ministère, d’un contact nominativement identifié : cet agent sera dorénavant votre correspondant unique et celui des autorités thaïlandaises. En qualité d’interface, il saura vous donner et vous communiquer toute l’information dont vous avez besoin.

Je voudrais évoquer maintenant avec vous la mémoire des disparus, et ce que nous pouvons faire, ensemble, pour leur rendre hommage.

Je sais d’expérience et aussi parce que j’en ai parlé tout récemment avec vos Associations et quelques-uns d’entre vous, combien le travail de deuil est difficile pour vous et pour vos familles.

Vous devez savoir que les disparus ne seront pas oubliés. Je souhaite que nous trouvions ensemble la manière la plus juste, et la mieux adaptée, de rendre un hommage durable à leur mémoire. Sur ce sujet comme sur tous les autres, je suis et je resterai à votre écoute. Nous définirons ensemble les modalités qui seront les mieux adaptées pour cette commémoration officielle, aussi bien en France que sur les lieux de la tragédie.

Enfin, nous devons également tirer tous les enseignements de cette catastrophe sans précédent qui a tué près de 300.000 personnes, en remettant l’événement en perspective et en mobilisant notre expérience commune.

Dans ce cadre, tous les sujets devront être abordés, individuellement, méthodiquement, qu’il s’agisse de la prévention de l’événement, de la gestion de crise, du dispositif capable d’améliorer notre capacité de réaction ou qu’il s’agisse bien sûr de l’accès à l’information des familles.

Chacun de nous a noté des manques et des insuffisances. Il nous revient d’y répondre en proposant des solutions concrètes et crédibles : telle est la condition, si nous voulons préparer l’avenir. Je souhaite que d’ici la fin de l’année, des dispositions innovantes vous soient présentées.

Dans ce domaine, comme dans tous les autres, je veux vous redire ici mon engagement : aucune question ne doit et ne devra rester sans réponse. Les équipes qui m’entourent, celles qui agissent en Thaïlande, dans les laboratoires, dans les administrations, ces équipes qui ont été confrontées à la crise et qui continuent à la gérer avec beaucoup de cœur et de professionnalisme, tant sur les lieux de la catastrophe qu’ici même, sont et resteront disponibles pour vous aider et informer.

C’est sur ces mots, "aider" et "informer", qui donnent tout son sens au fond à notre rencontre, que je voudrais conclure pour laisser maintenant place aux exposés des différents intervenants puis à vos questions.

Je vous remercie./."

2- M. François BARRY MARTIN-DELONCGAMPS, bilan humain du tsunami.

M. François Barry Martin-delongchamps, directeur des français de l’étranger, a dressé un bilan chiffré du tsunami qui a fait entre 180 et 225 000 morts

Consulter le bilan chiffré des victimes du tsunami dans le monde

Pour la France, on dénombre 95 victimes : 90 en Thaïlande, 4 au Sri Lanka et 1 en Inde. Près de la moitié des victimes françaises résidaient au SOFITEL de Khao-lak.

Consulter la répartition des victimes françaises en Asie du Sud Est

Au 25 juin, il restait 25 français à identifier.

Au niveau européen, la situation est la suivante :

Pays Victimes à identifier au 25/06
Allemagne 558 61 (11%)
Finlande 178 35 (20%)
Suède 543 87 (16%)
UK 144 nc
France 95 25 (26%)
Union européenne 1782 257 (14%)

3- M. le commissaire Le Magnen, présentation de la cellule ante-mortem.

Le commissaire le Magnen appartient au service de la police technique et judiciaire sur l’identification judiciaire et a été chargé de diriger la celulle ante-mortem en France pour collecter les données nécessaires (empreintes, collecte des élements d’identification).

Un représentant de la celulle ante-mortem est également présent à Phuket afin de garantir la bonne tranmission de toutes les données à la celulle post-mortem.

80 dossiers ont été ouverts et seront gérés jusqu’au bout. Pour les empreintes digitales, 40 dossiers ont été constitués ayant permis 17 identifications.

C’est cette celulle qui aujourd’hui centralise les dossiers d’identifications et peut recevoir les familles qui souhaitent consulter ce dossier, soit à Paris, soit à Lyon.

Depuis peu, ce service est appelé à travailler avec le Property Committee de Phuket pour receuillir tous renseignements complémentaires permettant d’identifier et restituer aux familles les effets personnels, notamment bijoux, ayant été collecté sur place en Thailande. Les familles sont donc invitées à se mettre en rapport avec ce service pour faire parvenir un maximum d’informations complémentaires, notamment photographies.

4- Le Colonel HEBRARD, présentation du processus d’identification.

Le Colonel HEBRARD est le directeur de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) qui regroupe les spécialistes chargés des

La gendarmerie est intervenue en Thaïlande dès le 29 décembre 2004 et assure la direction des équipes françaises dédiées sur place à l’identification.

Les moyens humains déployés sur place appartiennent à la gendarmerie, à la police et au service de santé des armées (y compris des professionnels de santé libéraux, officiers de réserve)

Leur nombre a varié au long des mois (23 en janvier, 18 en février, 16 en mars, 17 en avril, 23 en mai et 15 aujourd’hui). A la demande des familles, le nombre avait été renforcé suite à la réunion de fin mars.

Depuis le 8 juin, le processus d’identification par empreintes dentaires et digitales est achevé et donc le besoin en spécialistes dans ces domaines est moindre ce qui fait que le nombre de spécialistes va diminuer, une permanence étant maintenue quand même.

L’effectif français va passer en conséquence à 13 personnes avec un plus grand nombre de spécialistes en expertise génétique. C’est le Commandant SERVETTAZ, déjà présent en février, qui sera à la tête du contingent français.

Les 52 identifications se répartissent ainsi :

-  32 via voie dentaire
-  17 via empreintes digitales
-  3 par ADN

5- Le commandant André, présentation du processus ADN.

On est arrivé au bout des possibilités pour le digital et le dentaire. Le processus ADN est long et complexe.

Le commandant ANDRE a fait une presentation détaillée des missions et du fonctionnement des équipes d’identification et de l’IMC (organe adminsitratif gérant l’identification, notamment dans la gestion des bases de données).

La cellule ADN a pour objectif d’établir la filiation du défunt par comparaison des données AM et PM.

Au niveau des chiffres ( à prendre avec précaution, c’est complexe)

5400 morts en Thailande. 3695 corps font l’objet d’un traitement dans le processus d’identification TTVI. 4400 dossiers ont été ouverts 1500 corps ont été identifiés

La méthodologie du processus ADN a été testée et est depuis la mi juin parfaitement opérationnelle.

Sur 7 laboratoires testés, 4 ont été retenus en Bosnie (l’ICMP), Chine, Angleterre et Suède pour établir les séquençages post mortem et la conciliation, appelée "matching" avec les données collectés en France auprès des familles.

Le taux de réussite des séquençage est de 95% (extraction faite avec succès sur la totalité des points d’analyse). Pour les 5% restants, même si le résultat obtenu est partiel il est toutefois suffisant pour permettre une utilisation fiable des donénes récoltées.

Le taux d’échec du laboratoire chinois en mars (pour rappel plus de 80% d’échec) n’était pas dû à un problème de compétence, mais au fait qu’ils disposaient de prélèvements dentaires (cela ne marchait pas).

Aujrdou’hui les laboratoires travaillent sur des tissus osseux prélevés au niveau du fémur et disposent des mêmes résultats que l’ICMP.

3241 échantillons ADN ont été envoyés (il peut y avoir 2 ou 3 échantillons différents pour chaque corps). 1310 échantillons sont revenus à date et sont en cours de traitement à Phuket.

Les enfants ont bien été traités en priorité. On dénombre environ 350 corps d’enfants selon un critère de taille (50 cm à 148 cm).

Prochaines étapes pour l’ADN :

· Dans le cas où il y a une présomption sur l’identité d’un corps, notamment sur la base d’élements secondaires (caractéristiques physiques particulières, vêtements etc ..), il est procédé à une requête ADN ciblée, l’ADN intervenant plus comme une confirmation, certes indispensable au regard du protocole. Le délai escompté dans cette situation est de 4 à 6 semaines en moyenne entre la demande et le résultat.

· En cas d’absence de présomption : c’est le logiciel qui produira le recroisement sur l’ensemble de la base de données en opérant un pré-tri parce que le plus souvent il sera nécessaire de procéder à un matching manuel.

Cela prendra du temps, peut-être plusieurs mois mais en l’état, sous réserve que la base de données soit correctement renseigné, le processus ADN tel qu’il fonctionnera.

En complément, le Colonel KHEMMARRIN a apporté plusieurs précisions intéressantes.

Il reste 1900 corps à identifier dont une estimation de 1600 thais et 300 occidentaux.

Les échantillons de 1700 occidentaux au total ont été envoyés à l’ICMP (dont certains déjà identifiés).

Au niveau des coûts : tous les coûts initiaux d’identification ont été pris en charge par les thais, mis à part les équipes mises à la disposition par les occidentaux et certains aménagements techniques assurées notamment par la Norvège (contenairs réfrigérés) et l’Australie (équipement informatique).

M. DOUSTE-BLAZY a confirmé l’aide financière de la France à hauteur de 200 000 euros. Notre association lui a demandé de profiter de la visite du vice premier minsitre thaïlandais en France le mardi 28 juin pour s’assurer que tous les besoins en matière de financement étaient satisfaits à ce jour.

M. Douste Blazy et Jean-François Hartwig, notre porte-parole
M. Douste Blazy et Jean-François Hartwig, notre porte-parole

6- Le Commandant André, présentation du Property Committee.

En janvier, les autorités thaïlandaises ont décidé de prélever sur l’ensemble des corps tous les bijoux.

Ces bijoux ont été regroupé avec d’autres objets personnels receuillis au commissariat de Thalang.

La priorité étant bien évidemment donnée au processus d’identification, un sous comité chargé de la restitution de ces objets a été créé le 20 avril 2005.

Ces objets ont alors été transféré à Phuket aux équipes TTVI à qui est revenue la charge de nettoyer, classer et photographier ces objets dont le nombre s’élève à plus de 10 000.

Le property committee est aujourd’hui composé de 25 personnes, parmi lesquelles un représentant français, et est piloté par Peter Hugo.

En France a été nommée une personne pour faire le lien avec les familles sur le sujet Il s’agit de M.Philippe Martin 01 43 17 95 89 au 244 bd St Germain.

Pour favoriser le travail de ce comité, il est demandé aux familles de donner toutes les informations utiles, photos et descriptions des objets recherchés.

7- Le lieutenant BARRANCO, les recherches au SOFITEL.

Le lieutenant BARRANCO est un officier des formations militaires de la sécurité civile, qualifié en matière de risques bâtimentaires et a effectué une mission sur le site du SOFITEL durant le mois de juin. Il a effectué cette mission en compagnie de deux membres de l’association "Architectes de l’urgence" spécialisés dans l’expertise des constructions consécutives aux catastrophes naturelles.

Assisté d’une quarantaine de personnes mise à disposition par les autorités thailandaises, notamment le colonel Khemmarin, le lieutenant BARRANCO et les deux architectes ont pu mener des fouilles principalement ciblées sur les fondations du SOFITEL (vides sanitaires).

Si des incides ont pu être trouvés, aucun corps n’a été trouvé. Ainsi, une zone où il a été découvert un masse importante de cheveux a fait notamment l’objet de recherches approfondies.

Certaines zones étant inondées, il a fallu recourir à des motos-pompes au préalable.

Quelques bâtiments n’ont pu faire l’objet d’un examen total du fait d’une couche importante de limon qui nécessiterait un traitement préalable avec des équipements spécifiques (lances à eau puissante).

La question de la palmeraie jouxtant les bâtiments de l’hôtel reste en suspens également.

Comme l’a explicitement reconnu le lietenant BARRANCO dans son exposé, une des difficultés de cette mission vient du fait qu’elle intervient d’une part tardivement et surtout qu’il n’y a pas eu coordination et traçabilité des actions menées par les différents intervenants les mois passés.

En conséquence, la possibilité qu’il reste des corps est certes faible mais ne peut être totalement écartée.

Pour plus de précisions sur cette question, Consulter l’historique des recherches sur le site du SOFITEL

8- M. Du BOISPEAN, la question d’une cérémonie officielle.

En conclusion de cette réunion, M. Du BOISPEAN, chargé au Quai d’Orsay des relations avec les familles de victimes, a posé la question des modalités d’une cérémonie commémorative.

Notre association a rappelé la position unanime des familles membres : il ne saurait être question d’une cérémonie officielle notamment le 26 juin dans la mesure où le processus d’identification est encore en cours et concernant un grand nombre de nos compatriotes.

M. DOUSTE-BLAZY a semblé rejoindre notre position et a annoncé que le gouvernement organisera le moment venu, en accord avec les associations et les familles de victimes, un hommage officiel de la Nation. La date du 26 décembre 2005 semble a priori être la plus légitime.

La réflexion est ouverte. Notre seul souhait est que cette démarche soit consensuelle et respectueuse du deuil et de l’intimité de chacun.

9- Déclaration de M. DOUSTE-BLAZY à la conférence de presse.

"Mesdames et Messieurs,

J’ai tenu, d’abord à dire aux familles que je m’engageais personnellement et solennellement pour travailler avec elles, dans un esprit de dialogue et, également, avec un désir de transparence totale sur les informations disponibles.

J’ai le plaisir de recevoir ici l’Ambassadeur de Thaïlande en France et également le Colonel Khemmarint Hassirit, responsable de la province concernée en Thaïlande. Je voudrais beaucoup le remercier de sa présence.

Vingt-cinq familles attendent encore l’identification de leurs disparus avec l’espoir des études ADN. J’ai décidé qu’il y aurait un responsable au ministère, un interlocuteur unique pour la restitution des effets personnels.

Nous avons également abordé le problème des conséquences à tirer d’une pareille catastrophe. Donc il y aura de nouvelles réunions à l’avenir pour parler de la gestion de crise qu’il faut avoir au niveau de la réponse téléphonique, au niveau de la fiabilité des informations que l’on communique aux proches et également au niveau de l’alerte. Il y a tout un travail à faire. Et j’aurai l’occasion de vous présenter une procédure, comme nous l’avons fait dans d’autres cas, pour améliorer la réactivité et la compétence du ministère devant une catastrophe comme celle-là, même s’il est très difficile de pouvoir penser que l’on soit parfait.

Je voudrais maintenant donner la parole à Monsieur l’Ambassadeur de Thaïlande en France et puis ensuite je donnerai la parole aux associations. Je voudrais aussi remercier vraiment, et c’est peut-être la chose la plus importante pour nous ce matin, Monsieur le Commandant André, le Colonel Hébrard, le Commissaire Lemagnien, qui sont venus pour expliquer aux familles l’ensemble des problèmes qui existent, la réalité des difficultés, la cause de la longueur d’un certain nombre de procédures. Et ceci a permis de faire le point.

* * *

Avant de passer la parole aux associations des familles des victimes, je voudrais faire le bilan ; il est simple :

-  Le nombre de Français disparus est de 95, dont 90 en Thaïlande, 4 au Sri-Lanka, et 1 en Inde.

-  Le nombre de corps identifiés est de 70, dont 66 en Thaïlande, 3 au Sri-Lanka. Et 1 en Inde.

-  Le nombre de corps non identifiés est de 25 dont 16 enfants, 24 en Thaïlande, 1 au Sri-Lanka et aucun en Inde.

-  On ne connaît pas le nombre de personnes blessées.

Il y a eu des rapatriements effectués par les assureurs. Je proposerai, probablement très vite, de réunir les compagnies d’assurances concernées pour déterminer le nombre de personnes blessées notamment sur la base du nombre de personnes rapatriées sanitaires. Le nombre de personnes touchées qui étaient présentes est pratiquement impossible à déterminer.

Concernant maintenant les recherches et les identifications, je voudrais saluer la police nationale, la sécurité civile et la gendarmerie qui ont fait un travail tout à fait remarquable. Nous maintenons sur place, aussi longtemps que possible, aussi longtemps que nécessaire, des équipes dédiées aux recherches et aux identifications.

A la fin de ce mois de juin, la quatrième campagne de recherches sur le site Khao Lak sera de retour. Elle est composée de deux équipes spécialisées : une équipe de la sécurité civile, accompagnée d’architectes des catastrophes, est déjà rentrée le 19 juin. L’autre, de la gendarmerie nationale, est dotée de chiens spécifiquement dressés à la recherche de corps longtemps après leur disparition. Le retour de cette équipe est prévu en fin de mois.

Pour l’identification, le Colonel Hébrard et le chef d’escadron André de l’unité nationale d’identification des victimes de catastrophes en ont parlé. D’abord, le recours à l’ICMP de Sarajevo, qui est une décision des autorités thaïes, n’a plus rendu nécessaire le recours à Genecod, l’ICMP de Sarajevo ayant la capacité de réaliser les profils génétiques à partir des échantillons post-mortem et de procéder à leur confrontation.

La première étape d’identification a permis :

-  l’identification par empreinte dentaire de 32 personnes ;

-  l’identification par empreinte digitale de 16 personnes ;

-  l’identification par pluralité de critères d’une personne.

Il y a un deuxième temps d’identification, parce qu’on s’est aperçu que, avec des dents, on ne pouvait pas, dans un certain cas, arriver à un résultat.

C’est l’identification par empreinte génétique, au moyen de 3 prélèvements ADN et de critères secondaires d’observations : vêtements, cicatrices, et signes distinctifs.

Ensuite, concernant l’identification par ADN, il y a eu des retards dus à l’échec de l’envoi initial d’échantillons en Chine. 3000 prélèvements ont été envoyés vers 7 laboratoires : 1300 à Sarajevo, 1000 en Chine, 600 en Suède.

Le processus international d’identification repose sur la mise en corrélation d’un dossier ante-mortem - avec enquêtes auprès des familles, des médecins traitants - et d’un dossier post-mortem - relevés exhaustifs d’identification sur le corps, sur la base d’un protocole Interpol.

Il y a un officier de gendarmerie français présent au sein du comité exécutif du "Thai Tsunami Victims Identification" (TTVI), et disposant d’une voix délibérative sur l’organe de décision d’identification.

Des résultats sont attendus dans les prochains jours pour les 25 victimes encore non identifiées.

Enfin, le Commandant André nous a parlé de la restitution des effets personnels :

-  dans un premier temps, la récupération des objets, bijoux et papiers avait été effectuée sur les corps avec étiquetage, tant dans un but d’identification des victimes que pour éviter les pillages.

-  Dans un deuxième temps, il y a une procédure de restitution des effets personnels :

Pour les victimes identifiées avant la mise en place de la procédure, par l’envoi aux familles d’un formulaire de demande.

Pour les victimes identifiées après la mise en place de la procédure de restitution, il y a un envoi simultané du formulaire de rapatriement du corps et de restitution des effets personnels.

Les effets personnels non attribués, non identifiés, non demandés, sont gardés pour des investigations secondaires.

Enfin, je voudrais aborder le problème de la commémoration qui sera évoqué par les associations.

L’Etat français a décidé qu’il y aurait une commémoration officielle dont la date sera trouvée en accord avec les associations.

Si aucun accord n’était trouvé, on fixerait le 26 décembre qui me paraît évidemment devoir s’imposer. Je comprends qu’il puisse y avoir en effet un besoin, un an plus tard. Certains pays l’ont fait, officiellement, le plus vite possible, mais certaines associations nous disent que, tant que les corps ne sont pas tous retrouvés, on ne peut pas le faire. Je respecte les deux points de vues. Mais l’Etat français veut évidemment, de manière officielle, organiser une commémoration.

Q - Est-ce qu’on peut considérer aujourd’hui que c’est complètement déblayé où y a-t-il encore du travail à faire ?

R - Nous avons ici le Colonel qui est responsable de cela. Demandez-lui s’il y a encore des possibilités de déblaiement à Khao Lak ou si tout a été fait. D’après ce que j’ai compris, tout n’a pas pu être fait, à cause de la mousson et de l’eau qui rentre actuellement ; et que le responsable français de la Défense que nous avons vu tout à l’heure nous a expliqué qu’il était difficile de passer en dessous de 30 cm./."

 

 

 


Haut de page | Accueil | Plan du site | Contact
"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
Association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Police de Paris (n° 00169115 - JO du 12 mars 2005)
Agrément du Ministère de de la Justice au titre de l'article 2-15 du CPP (arrêté du 23 nov. 2005 - JO du 7 déc. 2005)
Membre de la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d'Accidents Collectifs)