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Reuters - 05/09/2005 - 17h04
PARIS (Reuters) - Le groupe hôtelier Accor est visé par une plainte pour "homicides involontaires et non-assistance à personnes en péril" déposée par les familles de victimes françaises du tsunami de décembre dernier en Thaïlande.
Les proches de 30 victimes et une association reprochent à la direction du Sofitel de Khao Lak et au groupe hôtelier français de n’avoir pas prévu de procédure d’alerte et de n’avoir pas relayé l’alarme lancée par les services de la météo locale, a dit leur avocat, Me Gérard Chemla.
Le séisme sous-marin et la vague géante qu’il a provoquée le 26 décembre 2004 ont fait 227.000 morts et disparus sur le pourtour de l’océan Indien, dont 95 Français. En Thaïlande, 90 Français sont morts, dont près de la moitié dans le Sofitel de Khao Lak.
"Je reproche (aux responsables du groupe Accor) de ne pas avoir géré l’alerte. Comme il n’y avait aucune procédure et aucune norme, ils n’ont rien su en faire. De plus, ils n’ont pas voulu affoler les touristes et n’ont rien voulu faire", a dit à Reuters Me Chemla.
La décision quant à l’ouverture éventuelle d’une procédure, qui serait confiée à un juge d’instruction, revient au procureur de Paris.
Le groupe hôtelier a expliqué depuis la catastrophe que le tsunami était imprévisible et que les responsables de l’hôtel n’avaient pas la possibilité d’agir.
Les plaignants ont joint au dossier des articles de presse de 1998 relatant une alerte au tsunami et des évacuations d’hôtel à Phuket, preuve à leurs yeux que le désastre pouvait être prévu.
Dans la plainte, que Reuters a consultée, Me Chemla souligne que les dirigeants d’Accor ont d’abord déclaré qu’ils n’avaient pas été alertés, avant d’admettre qu’une opératrice de l’hôtel Sofitel de Khao Lak avait reçu un appel téléphonique d’une personne inconnue l’informant du tremblement de terre, dix à quinze minutes avant le tsunami, et conseillant de faire évacuer la plage.
L’avocat fait état de témoignages de rescapés affirmant qu’aucune consigne d’évacuation de la plage n’avait été donnée. Il déplore également le retard pris, selon lui, par Accor pour apporter une assistance aux blessés de l’hôtel.
Interrogé par Reuters, Me Francis Chouraqui, avocat d’Accor, a fait part de son "étonnement" après cette plainte et souligné que la société assistait "spontanément" les victimes pour des procédures administratives et avait déjà versé des indemnités et des rentes aux orphelins.
"Accor a eu 54 victimes parmi le personnel de l’hôtel, décédés en sauvant des clients ou en tentant de les sauver. Chacun comprend que si une information crédible était parvenue au groupe ou à l’hôtel, les employés l’auraient immédiatement utilisée pour eux et pour les clients", a-t-il dit.
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