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Le 4 août 2005
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Désaccord chez ACCOR

Cet article paru dans LE POINT se fait l’écho de manoeuvres au plus haut niveau chez ACCOR visant au remplacement de Jean-Marc Espalioux, président du directoire.

Même si le quotidien "Les Echos" fait état de "la gestion contestée des suites du tsunami en Asie" comme un des griefs opposés à Jean-Marc Espalioux , nous n’aurions pas eu à faire mention de ces rumeurs si l’article du POINT ne relatait pas des faits erronés se rapportant à la situation du SOFITEL et des familles des victimes.

Non, M. Espalioux ne s’est pas rendu à plusieurs reprises à Khao-lak. Le 19 avril, lors d’une rencontre, il avait d’ailleurs jugé inopportun pour lui de se déplacer. Il se rendra finalement sur le site plus de 5 mois après et contrairement à ses egagements, il ne sera pas accompagné de notre association et ne rencontrera pas les familles présentes à Bangkok.

Quand à l’engagement personnel porté à son crédit dans l’article, nous maintenons simplement qu’ ACCOR et ses dirigeants en France et en Thaïlande n’ont pas mené les actions à même de répondre aux attentes et aux besoins des familles de victimes, les jours et les semaines suivant le tsunami (communication outrancière, silence envers les familles, déblaiment très tardif du site alors qu’ils sont alertés dès fin janvier...)

Notre interlocuteur dédié chez ACCOR est M. FOUROT. Parce qu’avec lui , progressivement, a pu s’établir un échange constructif et un dialogue attentif, certaines de nos préoccupations recoivent enfin des réponses concrètes et positives. Beaucoup reste cependant à faire.


DESACCORD CHEZ ACCOR

LE POINT numéro 1715 (28 juillet 2005)

Béatrice Peyrani

Paul Dubrule et Gérard Pélisson sortent de leur « retraite » pour influencer l’avenir de leur groupe, Accor. Est visé le président du directoire, Jean-Marc Espalioux, qu’ils rêvent de remplacer par un neveu, Gilles Pélisson. Rien ne va plus au sommet du groupe Accor, leader mondial de l’hôtellerie, très présent dans les casinos. La tête de Jean-Marc Espalioux, 53 ans, président du directoire, est mise à prix. Les deux cofondateurs du groupe français, Paul Dubrule, 71 ans, et Gérard Pélisson, 73 ans, s’opposent au renouvellement du mandat de celui qu’ils avaient élu roi en 1997 et dont les fonctions arrivent à échéance en janvier 2006. Les papys - leur surnom chez Accor - le lui ont fait savoir il y a une quinzaine de jours, au cours d’un déjeuner qui s’est déroulé dans les salons du siège à la tour Montparnasse. « Vous n’avez pas préparé la relève », auraient-ils reproché au manager.

Déterminés, Dubrule et Pélisson ont entrepris une tournée des administrateurs du groupe et au-delà. « Dans les dîners en ville, ils accusent Jean-Marc d’être trop technocratique, de ne pas voyager assez, d’ignorer les réalités du terrain, de ne pas être assez "show-off", d’avoir changé après la mort accidentelle de son fils en 2002... Des arguments des plus pernicieux », s’offusque un proche de Jean-Marc Espalioux. Bref, une véritable opération de déstabilisation menée dans les règles de l’art. D’autant plus injuste aux yeux du clan Espalioux qu’elle intervient au moment où le titre Accor affiche de bonnes performances en Bourse avec une hausse de 27 % depuis le début de l’année, l’une des meilleures du CAC 40. D’ailleurs, depuis qu’Espalioux est à la tête du groupe, l’action a doublé.

Le hic, c’est qu’au cours des deux dernières années la courbe de l’action ressemblait plutôt « à un encéphalogramme plat », rappelait un petit actionnaire lors de la dernière assemblée générale en mai. Elle ne s’est redressée qu’avec l’entrée en jeu en mars 2005 de Colony Capital, qui a bouleversé la donne. Désormais, la rentabilité doit être au rendez-vous. Est-ce un hasard ? Après l’arrivée des Américains, une nouvelle politique immobilière a été mise en place qui devrait rapporter 400 millions d’euros en dix-huit mois. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Le coup de fouet, en tout cas, a été apprécié des analystes financiers. Dubrule et Pélisson se sont empressés de le faire remarquer et d’en rajouter à chacune de leurs rencontres avec les équipes d’Accor de par le monde. Opportunistes et futés, les deux fondateurs, qui ne possèdent que 3,5 % du capital d’Accor, tirent dans le même sens que Colony. A croire que ce sont eux qui ont invité le fonds... qui a accepté d’investir 1 milliard d’euros pour accélérer le développement du groupe.

Les deux compères se gardent bien de valoriser « le travail du soldat Jean-Marc Espalioux », qui, en plus de la gestion au jour le jour, doit ces temps-ci gérer en personne le délicat dossier des familles des victimes du tsunami à l’hôtel Sofitel de Khao Lak, où il s’est rendu plusieurs fois, ne ménageant pas sa peine. Mais les affaires sont les affaires et l’ingratitude remonte à loin. « Depuis 2000, Jean-Marc est sous pression, raconte un de ses amis. Dubrule et Pélisson ont essayé en vain de le dégoûter. Ils n’ont, en réalité, jamais eu d’atomes crochus avec ce pur produit de l’énarchie, qu’ils n’avaient fait venir que pour rassurer leurs banquiers. »

Doper la rentabilité. Pendant ce temps, Colony Capital tisse sa toile. Désormais, le fonds dispose de deux représentants sur quinze au conseil de surveillance : Thomas Barrack et Sébastien Bazin. Ces derniers ne cachent pas qu’ils ont, eux aussi, quelques nouvelles idées sur la façon de doper la rentabilité d’Accor. Ils ne font pas mystère de leur objectif : faire passer le cours de 40 à 60 euros d’ici à trois ans ! Pas facile quand, au même moment, Starwood reprend Taittinger.

Officiellement, pourtant, il ne se passe rien au sommet d’Accor. Même si un représentant de Colony Capital confirme que « Paul Dubrule et Gérard Pélisson ont demandé à Jean-Marc Espalioux de plancher sur le développement à dix ans d’Accor, de réfléchir à un nouveau directoire avec des membres plus jeunes et de profiter de l’été pour imaginer un repositionnement du groupe ». Officiellement. Mais si cela ne ressemble pas à un ultimatum...

Contacté mardi 26 juillet par Le Point, Jean-Marc Espalioux n’a pas souhaité commenter ces informations. Il reconnaît toutefois qu’en janvier prochain son mandat et ceux des quatre autres membres du directoire seront réexaminés. D’après un administrateur du groupe, le cas Espalioux pourrait être évoqué plus rapidement. Un conseil de surveillance informel devait se tenir vendredi 29 juillet avec les « devoirsde vacances » de M. Espalioux à l’ordre du jour. Ce que l’intéressé semblait ignorer.

Pourtant, les noms de ses possibles remplaçants circulent déjà dans tout Paris. D’Henri Giscard d’Estaing, le chaleureux patron du Club Med, à Jacques Stern, le brillant directeur financier d’Accor, les candidats ne manquent pas. Mais il en est un qui semble tenir la corde : Gilles Pélisson, 48 ans, actuel PDG de Bouygues Télécom. Il n’est autre que le propre neveu de Gérard Pélisson. Cet Essec, diplômé de Harvard, a commencé sa carrière chez... Accor et possède le charisme qui fait justement défaut à Jean-Marc Espalioux.

Dans cette ambiance à couteaux tirés, quelques fidèles tentent d’organiser une résistance. Ils espèrent notamment convaincre certains actionnaires, comme la Caisse des dépôts, des risques de voir, au final, Accor se faire croquer par un concurrent américain. De son côté, Jean- Marc Espalioux refuse de sacrifier ses vacances. Il restera en contact téléphonique avec son bureau tous les jours mais s’accordera quelques moments de repos en famille. Sur une île, dans une maison loin de tout... hôtel.

 

 

 


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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
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