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Bangkok
Frédéric Gerschel
18 février 2006.
"Ce n’est pas facile d’être fort tous les jours. Parfois, je me dis que n’y arriverai pas. J’essaie d’imaginer ce que penserait mon épouse. Elle aurait sans doute voulu que je fasse tout pour qu’une catastrophe naturelle ne se reproduise pas. Alors je m’y emploie en essayant de rester digne et fidèle à ce que je crois."
Le 26 décembre 2004, Patrice Gicquel a perdu sa femme et ses trois enfants lors du tsunami. Ils séjournaient à l’hôtel SOFITEL de Khao-lak, dans le sud de la la Thaïlande où près de 200 personnes ont été emportées (sur les 95 morts français français, 42 ont péri à Khao-lak).
Employé chez Nestlé, il a décidé de rester à Bangkok. Et de se battre contre l’oubli. Accompagné d’autres représentants de familles de victimes, il sera reçu aujourd’hui par Jacques Chirac et Philippe Douste-Blazy.
Un geste apprécié, même si pour certains certains il vient un peu tard. "Jusqu’à présent, le président de la République ne s’était pas manifesté, se désole Stéphane Gicquel, responsable de l’Association des victimes du Sofitel et frère de Patrice. Il a dû lui écrire une lettre la semaine dernièrepour l’alerter sur nos problèmes. On ne comprend pas pourquoi il n’a pas profité de son déplacement en Thaïlande pour se rendre à Phuket. Le symbole aurait été plus fort. D’autres chefs d’Etat et de gouvernement européens l’ont bien fait, eux."
"Ce serait une insulte..."
Toutes les familles de victimes ne sont pas aussi sévères, certaines estimant que la France a réagi aussi bien que possible face à la catastrophe.
Mais elles attendent de la réunion d’aujourd’hui quelques précisions importantes.
"On a lu dans la presse thaïlandaise que l’hôtel de Khao-Lak allait rouvrir avec la bénédiction du groupe ACCOR, contrairement à ce qui nous avait été dit.
Si celà est vrai, ce serait une insulte à la mémoire des nôtres, d’autant qu’aucun système de de détection efficace des tsunamis n’a été mis en place. Ce qui est arrivé en 2004 pourrait donc parfaitement se reproduire" s’indigne le père d’une victime qui n’a pas réussi à entrer en contact avec les représentants de l’ex SOFITEL.
De son coté, Stéphane Gicquel souhaite obtenir auprès de Jacques Chirac des informations sur les corps qui restent en attente d’identification en Thaïlande (environ 750). Cinq familles françaises sont toujours sans aucune nouvelle de leurs proches.
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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
Association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Police de Paris (n° 00169115 - JO du 12 mars 2005)
Agrément du Ministère de de la Justice au titre de l'article 2-15 du CPP (arrêté du 23 nov. 2005 - JO du 7 déc. 2005)
Membre de la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d'Accidents Collectifs)
