Les experts prévoient un nouveau tsunami d’ici 30 ans.

Deux ans après le tsunami qui avait ravagé une partie de l’Asie du Sud le 26 décembre 2004, l’Indonésie, pays le plus touché, panse encore ses plaies mais doit déjà se préparer à une catastrophe similaire dans le futur. Car les scientifiques sont formels : un nouveau raz-de-marée aussi dévastateur frappera la région d’ici 30 ans.

Il y a deux ans, un séisme d’une magnitude de 9 dans l’océan Indien avait provoqué un tsunami qui avait touché les côtes d’une douzaine de pays dans les heures suivantes. Au total, 230.000 personnes ont été tuées ou sont toujours portées disparues. Plus de 130.000 personnes ont péri et 37.000 sont portées disparues en Indonésie, pays le plus durement frappé, où c’est l’île de Sumatra qui a payé le plus lourd tribut.

Aujourd’hui, les scientifiques étudiant la faille entre les plaques tectoniques eurasienne et asiatique, où s’est produit le séisme, affirment qu’un nouveau tremblement de terre de la même intensité frappera dans les trente prochaines années. Il provoquera un tsunami qui engloutira une grande partie des côtes très peuplées de Sumatra, juste au sud de la zone touchée en 2004.

"Toute cette zone disparaîtra", explique le maire de Padang, Fauzi Bahar, montrant une carte satellite des quartiers de la ville susceptibles d’être submergés. "On ne dit pas que le séisme se produira demain ou la semaine prochaine, mais d’un autre côté nous ne voulons pas que les gens oublient et se relâchent", précise le géologue américain Kerry Sieh, de l’Institut de technologie de Californie. "C’est une certitude virtuelle".

Pour tenter de limiter l’impact du phénomène, le maire de Padang et les autorités indonésiennes ont déjà commencé à mettre au point des plans d’évacuation et à informer les gens sur la menace. Mais, même avec ces préparatifs, les autorités craignent que jusqu’à 60.000 des 900.000 habitants de Padang, périssent faute d’avoir pu échapper aux vagues, même après avoir été avertis ou avoir ressenti le séisme annonciateur.

Exemple de signalétique installée
Exemple de signalétique installée

"Les gens seront emportés", résume Fauzi Bahar.

Deux ans après le tsunami du 26 décembre, les pays d’Asie du sud ont commencé à mettre en place un système d’alerte aux raz-de-marée semblable à celui existant dans le Pacifique et dont bénéficient notamment les Etats-Unis et le Japon. Mais il faudra encore plusieurs années avant qu’il soit achevé.

D’où la nécessité d’informer les populations.

Curt Barrett, de l’Administration américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), évoque une "tâche décourageante". "Une fois que l’alerte est lancée, il faut que les gens sachent quoi faire", explique-t-il. "C’est au niveau des gens qui vivent dans les villages qu’il faut que cela fonctionne. Toutes ces informations ne servent à rien si elles ne parviennent pas aux gens qui se trouvent sur la plage".

Une organisation non-gouvernementale financée par des contributeurs étrangers a donc commencé à arpenter Padang et d’autres provinces indonésiennes pour faire passer le message. Ses membres ont déjà rencontré plusieurs centaines de chefs de villages et religieux, et se rendent dans les écoles pour avertir les enfants.

"Si le séisme dure plus d’une minute, vous fait tomber par terre ou détruit des immeubles, courez vers les collines les plus proches", prévient ainsi Riska, une bénévole de l’ONG, devant une classe. "Si vous ne pouvez pas faire cela, alors grimpez à un arbre. Commencer à apprendre cela dès aujourd’hui".

Mais informer les gens ne suffit malheureusement pas. Selon les prévisions, le tsunami atteindra les côtes dans un délai de 20 minutes, et Padang et les autres villes concernées doivent donc modifier leurs infrastructures pour permettre aux populations de fuir le plus rapidement possible et en sécurité.

Les routes d’évacuation doivent être élargies et les ponts enjambant les rivières renforcés. Selon certains experts, des immeubles capables de résister à la vague doivent être construits dans les zones côtières et les services de secours doivent être relocalisés à l’intérieur des terres.

(Rédigé d’après dépêches de presse).

 

 

 


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