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VIENNE, 15 fév (AFP) - Des victimes du tsunami en Asie vont saisir cette semaine la justice new-yorkaise pour que les autorités américaines et thaïlandaises et le groupe hôtelier français Accor prouvent qu’ils ont bien réagi à la catastrophe, selon leurs avocats mardi.
Présentant "la première plainte en justice de ce genre" dans le monde depuis le raz-de-marée du 26 décembre, deux avocats autrichiens et un Américain ont indiqué à la presse à Vienne qu’ils voulaient d’abord obtenir toutes les informations nécessaires pour leur clients.
"Nous avons trouvé que des fautes graves ont été commises", a déclaré l’un d’eux, Me Herwig Hasslacher. Selon lui, une alerte donnée en temps voulu aurait pu sauver des milliers de vies, permettant aux gens se trouvant sur les côtes de fuir vers l’intérieur avant la vague géante, par exemple au Sri Lanka.
Sont visés en particulier l’Administration américaine océanique et atmosphérique (NOAA) à Washington et ses services météorologiques, dont le Centre d’alerte des tsunamis du Pacifique, à Hawaï : ils sont accusés de ne pas voir alerté les Etats riverains de l’océan Indien parce que ces pays ne sont pas sur le Pacifique.
"Ils n’ont pas informé, alors qu’ils étaient au courant un quart heure après le séisme, de son épicentre et de sa force. Il existe une obligation d’alerte à partir d’une magnitude de 6,5" alors que le séisme du 26 décembre à Sumatra avait une magnitude de 9 sur l’échelle de Richter, a déclaré Me Hasslacher.
"Le gouvernement américain se dit le protecteur du monde. Il sait qu’un tsunami va submerger des populations entières et il ne dit rien ? C’est incroyable", a déclaré l’Américain, Me Ed Fagan. Selon lui, des précautions ont pourtant été prises pour évacuer à temps les militaires américains sur la base de Diego Garcia, au coeur de l’océan Indien, avant l’arrivée des vagues meurtrières.
Les juristes agissent au nom du "Groupe des victimes du tsunami", en particulier de 15 victimes autrichiennes et de quatre victimes allemandes. Ouvert à tous, le groupe a son site internet (www.tsunamivictimsgroup.com).
Ils reprochent aussi au gouvernement autrichien de ne pas avoir fourni à temps toutes les informations requises aux familles.
Le groupe français Accor, à travers ses filiales aux Etats-Unis, se voit mis en cause pour avoir mal informé des parents de victimes après la catastrophe, pour ne pas avoir rapatrié certains corps et pour avoir construit sciemment un hôtel Sofitel à Phuket (Thaïlande) sur une ligne de fracture sismique.
Il ne s’agit pas, dans un premier temps du moins, de réclamer des compensations financières mais de disposer d’informations pouvant prouver la négligence des parties visées, selon les avocats.
Cependant, ils ont souhaité aussi la création d’un "fonds humanitaire similaire au Fonds 9-11", créé aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 pour coordonner l’assistance aux victimes.
"Les gens doivent savoir" même si finalement il n’y avait pas de coupable, a ajouté Me Fagan.
L’avocat américain a indiqué qu’il saisirait, probablement jeudi ou vendredi, le tribunal de district sud de New York, pour réclamer la "préservation de documents", par exemple de photos satellites et de communications entre la NOAA et la Thaïlande et l’Indonésie.
Cet avocat, spécialisé notamment dans la restitution de biens juifs spoliés par les nazis, a estimé que la plainte aboutirait au bout de quatre mois.
Selon un dernier bilan, le tsunami a fait près de 287.000 morts ou présumés morts, dont au moins 234.000 en Indonésie.
En Allemagne, 60 personnes sont officiellement considérées mortes et 639 disparues. En Autriche, le bilan actuel est de 18 morts et 92 disparus.
jms/phs/jhl (AFP 15h28 - 15 FEV 05).
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