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PARIS (AFP) - Les proches des Français tués par les tsunamis le 26 décembre 2004 au Sofitel Khao-Lak en Thaïlande ont accusé jeudi le groupe hôtelier Accor et le gouvernement, de les "abandonner" en ne faisant pas tout pour contribuer à retrouver les corps.
"Pourquoi, près de 5 mois après, le site du Sofitel n’est-il toujours pas complètement déblayé avec la conséquence dramatique que des corps sont encore apparemment dans cet hôtel ?", a demandé lors d’une conférence de presse l’association qui regroupe les proches de 36 des 41 victimes françaises recensées dans cet établissement où plus de 200 personnes ont péri.
"Accor a fait tout ce qu’il a pu pour les aider au maximum", a répondu, dans un entretien avec l’AFP, le Pdg d’Accor Jean-Marc Espalioux qui a rappelé que le groupe avait perdu 54 salariés. "Personne n’attend qu’un groupe hôtelier soit compétent en matière de recherche de corps", a-t-il encore dit.
L’association de soutien aux victimes résidant au Sofitel Magic Lagoon de Khao-Lak a déploré l’"abandon du site de l’hôtel par Accor depuis de nombreuses semaines", assurant que les panneaux où les marques Sofitel et Accor étaient inscrites ont été "tagués".
Les responsables d’Accor ont "clairement essayé d’effacer toute présence de leur marque commerciale. Ils ont déployé beaucoup d’effort pour ce faire et très peu pour rechercher les corps et trier les effets des victimes", a accusé le secrétaire général de l’association Jean-François Hartwig.
Des photos de pommeaux de douche, de serviettes et de pantoufles siglés Accor, triées, nettoyées et rangées, ont été montrées aux journalistes à côté d’autres, montrant les effets de touristes en vrac.
Selon l’association, le déblaiement a été réalisé en dépit du bon sens, avec des bulldozers, par "des paysans thaïlandais et sans personnel professionnel". Les fondations, les égoûts, les puisards n’ont pas été fouillés, pas plus qu’une cocoteraie voisine, "jamais explorée".
"Rien ne permet de penser que les gravats déplacés ne recèlent pas de cadavres", écrit l’association au Pdg d’Accor, Jean-Marc Espalioux, dans une lettre du 12 mai rendue publique jeudi lors de la conférence de presse.
"Pourquoi, deux mois après (une) réunion avec Michel Barnier (ministre des Affaires étrangères) et Nicole Guedj (secrétaire d’Etat aux victimes), avons nous toujours le sentiment d’être certes écoutés, mais au final si peu entendus, et donc si peu soutenus", a poursuivi l’association.
"Le secrétariat d’Etat aux victimes, censé nous aider, ne nous apporte aucune aide", a poursuivi M. Hartwig, disant le "sentiment" des familles "d’être considérées comme des gêneurs".
"Jamais le gouvernement n’est venu vers nous", a reproché Frédéric Foures qui "veut commencer à pleurer tranquillement".
"Seulement un peu plus de la moitié des victimes françaises ont été rendues à leurs proches", selon M. Hartwig qui reproche au gouvernement l’absence de pressions sur les autorités thaïlandaises et Accor.
Par ailleurs, "le gouvernement français est étrangement absent" du processus d’identification par ADN des corps, a regretté le président de l’association Stéphane Gicquel.
Le secrétariat d’Etat aux victimes a indiqué jeudi à l’AFP "entendre cette impatience" des familles mais a estimé que "le gouvernement en général et Nicole Guedj en particulier, ont été à la hauteur".
L’association a en revanche rendu hommage aux gendarmes qui tentent d’identifier les corps en Thaïlande.
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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
Association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Police de Paris (n° 00169115 - JO du 12 mars 2005)
Agrément du Ministère de de la Justice au titre de l'article 2-15 du CPP (arrêté du 23 nov. 2005 - JO du 7 déc. 2005)
Membre de la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d'Accidents Collectifs)
